Personnalisme & Décroissance

A partir des années 30, le personnalisme est devenu un mouvement intellectuel de réaction à la crise économique profonde de cette décennie, que la jeunesse intellectuelle française percevait comme une crise de civilisation plutôt que comme une crise essentiellement économique.

L’individu, c’est ce qui, en bout de piste, apparaît comme le rejeton des tendances aliénantes du monde moderne. C’est celui qui a sacrifié sa dimension spirituelle et son potentiel d’énergies créatrices et de liberté, au profit d’un idéal petit-bourgeois qui ne vise qu’au bien-être.

Pour Emmanuel Mounier « l’individu, c’est la dissolution de la personne dans la matière. (…) Dispersion, avarice, voilà les deux marques de l’individualité. » Aussi, la personne ne peut croître « qu’en se purifiant de l’individu qui est en elle » [5]. Autant la notion d’individu veut exprimer la faillite de notre société occidentale que met en relief la crise économique des années trente, autant celle de personne renferme «comme une absence, un besoin, une tâche et une tension continuellement créatrice»[6]. Contre le gigantisme des mécanismes sociaux, politiques et économiques qui président aux destinées des hommes; contre l’idéalisme et le rationalisme abstraits qui ont détaché l’homme de la nature et de ses communautés immédiates, tous les mouvements de la jeunesse française se rejoignent en une même aspiration: celle de renouer avec ce qu’ils appellent l’homme «concret» pour en faire un être responsable, c’est-à-dire capable «de réponse»[7]. Cette opposition entre individu et personne, assez répandue au début des années trente, est donc à la fois un jugement sur la situation et un projet pour la modifier qui pourrait se formuler de la manière suivante: le bourgeois, cet être incapable d’élévation spirituelle a, par ses visées égoïstes, inversé l’ordre des valeurs mettant ainsi en péril les possibilités d’épanouissement de la personne humaine et de la civilisation occidentale, pour mettre un terme à la crise de notre civilisation, la transformation des structures sociales et économiques doit inévitablement s’accompagner d’une révolution spirituelle. Dès 1927, Jacques Maritain soutenait cette Primauté du spirituel. À sa suite,des revues comme la Jeune Droite, l’Ordre Nouveau et Esprit reprendront cette exigence. Ainsi, en mars 1931, l’un des premiers manifestes de l’Ordre Nouveau lançait ce slogan promit à un succès durable: «Spirituel d’abord, économique, ensuite, politique à leur service». Emmanuel Mounier écrira quelques temps plus tard: «Le spirituel commande le politique et l’économique. L’esprit doit garder l’initiative et la maîtrise de ses buts, qui vont à l’homme par-dessus l’homme, et non au bien-être»

Les grandes idées du personnalisme [modifier]

Face à ce qu’ils percevaient comme une « crise de civilisation », ces jeunes intellectuels présentaient, malgré certaines divergences, un « front commun » :

  • Le refus du libéralisme : les personnalistes se posaient en rupture avec le « désordre établi », c’est à dire la subversion des valeurs humanistes héritées de la raison grecque, du judaïsme et du christianisme, que leur semblaient, particulièrement durant la crise des années 30, représenter les institutions capitalistes et parlementaires d’une société libérale et individualiste, dont les fondements institutionnels leur paraissaient aussi fragiles et « inhumains » que les fondements culturels en proie à un « matérialisme » et un « nihilisme » destructeurs.
  • Le refus du marxisme et du fascisme : les personnalistes refusaient parallèlement les tentatives « étatistes » de réponse « totale » du communisme ou du fascisme, précisément pour ce qu’elles broyaient l’individu, niaient la primauté de la personne.
  • Les solutions : les personnalistes avaient l’ambition, pour remédier à cette « crise de l’homme au XXe siècle », de susciter une « révolution spirituelle », transformant simultanément les choses et les hommes, qui devait trouver son inspiration philosophique dans une conception « personnaliste » de l’homme et de ses rapports avec la nature et la société, et se traduire par la construction d’un « ordre nouveau », au-delà de l’individualisme et du collectivisme, orienté vers une organisation « fédéraliste », « personnaliste et communautaire » des rapports sociaux.

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